—  1 juin 2018

La Commission européenne vient d’arbitrer et de présenter ses propositions pour la future Politique Agricole Commune (PAC).

Je regrette que les positions adoptées par le Parlement européen à une très large majorité via le rapport de mon collègue Herbert Dorfmann soient autant ignorées. Tel que je le présentais depuis quelques jours, c’est une « programmation technocratique verdie à l’extrême » fondée sur des stratégies nationales potentiellement divergentes qui est proposée par la Commission européenne. On n’y trouve plus « la politique », on distingue à peine « l’agricole » et on observe la décomposition du « commun ».

L’intégration des enjeux environnementaux et climatiques se fait en dépit du bon sens, dans une logique de surcoûts et de surenchères, alors que les revenus agricoles ont chuté ces dernières années et que les agriculteurs vont prendre de plein fouet la baisse annoncée du budget agricole : la direction assumée est « faire plus avec moins », alors que seule la durabilité économique des exploitations peut permettre des avancées significatives en matière environnementale et climatique.

Si je me réjouis de certaines avancées sur les aspects économiques (mise en place de programmes opérationnels sectoriels et réforme de la réserve de crise), elles restent trop timides pour réellement répondre aux enjeux de volatilité des prix et des aléas au sein du marché unique.

Le Parlement européen devra prendre toute sa part dans la réforme qui débute, incarner une vraie ambition politique pour l’agriculture européenne et rétablir la PAC dans ses trois aspects les plus consubstantiels.