—  14 juin 2018
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Huile de palme : « La France fait sourire par sa tentation à rajouter ceintures et bretelles à toute réglementation »

Treize raffineries et dépôts de carburants sont le théâtre de manifestations par les agriculteurs à l’appel de la FNSEA, en opposition à l’importation d’huile de palme en France.

Une plantation de palmiers à huile en Idonésie (ADEK BERRY / AFP)

De l’huile de palme va être importée cet été à la raffinerie de La Mède(Bouches-du-Rhône), en vertu d’un accord signé entre le groupe Total et le gouvernement précédent. Une situation qui provoque la colère de la FNSEA : les militants du syndicat agricole manifestaient devant 13 dépôts de carburants en France lundi 11 juin. À La Mède, un blocage a été finalement levé lundi à la mi-journée.

Sur franceinfo, le député européen Michel Dantin a dénoncé l’hypocrisie de l’État français. « Ce qui est paradoxal dans la position du gouvernement français, c’est qu’il est le premier à combattre la déforestation dans les accords internationaux, or on sait bien que la production d’huile de palme est la cause de la déforestation », a-t-il déploré.

« La France fait sourire en Europe par sa tentation naturelle à rajouter ceintures et bretelles à toute réglementation » a ajouté Michel Dantin, membre de la commission agriculture au Parlement européen. Celui-ci se trouve face à un « blocage » car « la France en particulier s’oppose à la non-introduction de l’huile de palme en Europe », a expliqué Michel Dantin.

L’accord entre Total et le gouvernement « n’existe pas »

Rigoureusement opposés à l’accord entre Total et le gouvernement, les agriculteurs en contestent même l’existence. « Nous travaillons sur le sujet depuis trois ans, et à aucun moment l’un des ministres, ni Ségolène Royal ni Nicolas Hulot, ne nous a dit qu’un tel accord avait été passé », a affirmé Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes « Les Amis de la Terre ».

Jérémy Decerle, président du syndicat des Jeunes Agriculteurs, a également dénoncé « l’incohérence du gouvernement », qui « demande aux agriculteurs de monter en gamme durant les États généraux de l’alimentation et, en même temps, continue à importer des produits qui ne respectent pas les standards de production française ».

« La réglementation française sur l’importation n’est aujourd’hui pas assez forte, trompe le consommateur et enterre l’agriculture », Jérémy Decerle, franceinfo